MELISSA DA COSTA « FAUVES » Éditions Albin-Michel

 

Tony a 17 ans, une encore la dispute avec son père éclate, c’est celle de trop, il quitte la maison après une bousculade violente où ses poings on parlé, sûr qu’André s’en souviendra… Il marche sans but sur la berge, c’est glauque et désert. Au loin, il aperçoit une file de camions  sur lesquels  est écrit en lettre blanches « Compagnie PULKO, cirque  familial et authentique ». Le cirque s’apprête  à partir, Tony s’approche. « Vous embauchez ? »  Chavo, le padre  patriarche le questionne  à peine, « Tu es majeur ? Je ne veux pas d’emmerdes. T’as rien  contre le fait de dormir avec les chevaux ?

Et Tony entre dans le monde du cirque ambulant.  MÉLISSA DA COSTA entraine le lecteur en  immersion totale sous le chapiteau de la vie et ses coulisses. La vraie, celle des hommes et des fauves. Le cirque est un microcosme où tout existe, la violence, l’amour, la mort, la naissance, les pleurs… La dureté d’un monde où l’on trime au quotidien pour se surpasser et surpasser l’autre. Tony, le gadjo va faire petit à petit sa place  dans cette famille tzigane en découvrant les valeurs de ces hommes et de ces femmes prisonniers d’un destin. Oubliera t-il ce qui l’a amené ici ? Ce soir où il est parti ?

Il est fasciné parles fauves en cage et prêts à vous dévorer à la moindre faute d’attention. Il faut les affronter ? Les aimer ?  Mais qui sont réellement les fauves ? Qui sont les hommes ? Les dominés ? Les Dominants ? Qui observe qui ?

MÉLISSA DA COSTA  comme dans chacun de ses romans donne de l’épaisseur à ses personnages autant qu’à leur environnement. Nous sommes de plein pied dans cette histoire. Comme dans un film. Un monde dur  avec des règles sans discussions où toutes et tous sont captifs. Elle décrit sans fards la violence, d’où elle vient, comment elle se transmet. Sous emprise. Les fauves sont aussi des personnages  à part entière comme Asia, la panthère nébuleuse qui pourrait s’enfuir, tout comme Sabrina la femme de Chavo. Tandis que Tony s’essaie à une lente intégration en espérant  fuis son passé et devenir un homme différent de son père. MÉLISSA DA COSTA s’attaque aussi au patriarcat, au machisme, à la violence domestique. La cage se refermera t’elle ? C’était les années 80, qu’est-ce qui a changé ?

Quand vous aurez commencé ce roman, vous serez embarqué jusqu’à la fin par une écriture cinématographique qui vous fabriquera des images. Un suspens  fascinant à travers ces personnages cabossés, brisés par la violence. De la sueur, des larmes et du sang.  Captivant !