JAZZ : FRANCK WOLF «Acoustic Five» Sortie le 27 mars 2020 FRANCK WOLF EN CONCERT AU SUNSIDE LE 15 SEPTEMBRE 2020 FRANCK WOLF EN CONCERT AU SUNSIDE LE 15 SEPTEMBRE 2020

 

L’Acoustic Five est composé d’un saxophone, d’un violon, d’une guitare (ou d’un violoncelle), d’un piano, et d’une contrebasse. Il s’agit d’un quintette de jazz acoustique qui pratique une musique de chambre extrêmement lyrique et sophistiquée. Un voyage musical fascinant et singulier, qui malgré son instrumentation « chambriste » et l’absence de batterie, s’inscrit profondément dans le vocabulaire du jazz, où le « lâcher-prise », l’interaction et le swing sont omniprésents. Un projet ambitieux et original, où l’écriture et l’improvisation font bon ménage et nous procurent de belles surprises et un grand plaisir qui se distille avec délice au plus profond de nos âmes sensibles.

Le saxophoniste Franck Wolf a composé une grande partie du répertoire spécialement pour ce quintette acoustique (à l’exception d’une ou deux anciennes compositions complètement réarrangées pour l’occasion), où le saxophone (soprano ou ténor) et le piano se frottent avec malice à un trio de cordes composé d’un violon, d’une guitare, et d’une contrebasse, et où sur quelques titres le violoncelle remplace la guitare pour une approche musicale plus « chambriste ».

Avec sa longue expérience musicale, démarrée il y a maintenant trente ans, Franck Wolf sait exactement comment faire sonner un quintette acoustique et lui donner une belle dimension orchestrale. Il assemble avec beaucoup de talent les différents timbres et toutes les couleurs possibles des instruments de ce quintette. Il arrive à faire sonner à l’unisson saxophone, violon et violoncelle pour l’exposé d’un thème (le stupéfiant Sweet Madness) et utilise avec beaucoup d’élégance les différentes possibilités sonores des instruments à cordes, qui peuvent jouer aussi bien à l’archet ou en pizzicato, au sein d’un même morceau (le très poignant Haut Vol).

Pour ce projet, il s’est entouré d’amis musiciens proches, avec qui il a souvent collaboré, comme le pianiste Jean-Yves Jung ou le contrebassiste Diego Imbert, ainsi que Sébastien Giniaux, qui excelle aussi bien à la guitare qu’au violoncelle, et qui est aussi un dessinateur talentueux, à qui l’on doit la très belle pochette de cet album !

Les musiciens se connaissent bien et ont l’habitude de jouer ensemble, à l’exception du violoniste Frédéric Norel, qui s’intègre pourtant parfaitement bien à l’ensemble avec sa grande culture musicale (aussi bien dans le domaine de la musique classique que dans celui du jazz) et qui met son imposante sensibilité artistique au service de ce répertoire.

Sept compositions sur neuf sont signées par Franck Wolf, avec un large éventail de climats et d’ambiances, qui, des acrobaties rythmiques de Projection 3, au lyrisme évocateur de Sept Etés (joué en sept temps), ou à la vivacité subtile de Nine O’Clock (en neuf temps), nous mènent à la belle ligne mélodique épurée de Balade Un 8 Mai (jouée en duo piano-sax soprano) ou à la touchante Valse Pour Jean (dédiée au papa de Franck) bien ancrée dans une filiation française.

Deux titres de cet album sont des reprises, tout d’abord une version à la fois singulière dans l’instrumentation et très respectueuse dans son déroulement mélodique, de Space Oddity de David Bowie (c’est d’ailleurs la première fois que Franck Wolf reprend une chanson de l’âge d’or de la musique pop). Et puis, l’album se termine avec un très beau clin d’œil au génie de Django Reinhardt, avec une relecture très inspirée de Double Scotch (que Django avait enregistré avec le saxophoniste André Ekyan). Une belle touche de swing et d’humour pour clore cet album foisonnant et sensible qui propose une musique exigeante, mais facilement accessible, car portée par une ligne claire, juste, et sincère.

Un disque qui marque une étape importante dans la brillante carrière du compositeur, leader, et saxophoniste strasbourgeois Franck Wolf, que le grand public a découvert auprès de Biréli Lagrène (qu’il accompagne régulièrement depuis 16 ans) et qui en tant que leader a toujours aimé les prises de risques et les projets atypiques (Triophone, straSax, le duo avec la joueuse de koto Mieko Miyazaki…).