JAZZ : RP QUARTET NOUVEL ALBUM ET CONCERT LE 16 MARS 2020 au Café de la Danse

RP QUARTET :  R, comme Ribot (Bastien Ribot : violoniste) et P, comme Pennes
(Edouard Pennes : guitariste), ce sont les deux leaders du RP Quartet,
formation de jazz manouche tout à fait singulière, qui ne serait pas
un quartette sans mentionner l’apport fondamental du guitariste
rythmique Rémi Oswald et du contrebassiste Damien Varaillon.
Ils forment un groupe soudé depuis plus de dix ans, un orchestre
homogène et harmonieux où l’entente musicale est parfaite. Ils
s’entendent tellement bien et ont une telle ouverture musicale
que tout semble possible avec eux. Tout semble facile, fluide,
et cohérent dans leur approche que l’on en oublie parfois
la difficulté technique d’une telle musique !
Grands fans de Django Reinhardt et de Stéphane Grappelli, les
musiciens du RP Quartet sont bien trop malins pour proposer
une relecture du répertoire du Quintette du Hot Club de France.
Ils en ont surtout compris l’esprit de liberté, l’architecture sonore,
l’interaction permanente, et la grande leçon de modernité de
la musique de Django Reinhardt, qui de Rythme Futur à sa relecture de
La Marseillaise n’a jamais cessé de nous surprendre et de nous séduire !

RP QUARTET   AU CAFE DE LA DANSE  Lundi 16 mars 2020 à 20h

 

Ils sont jeunes, ils sont tous extrêmement doués (pour ne pas dire
virtuoses), et ils ont une grande culture musicale, doublée d’une
connaissance profonde de l’histoire du jazz, ainsi que des oreilles
grandes ouvertes, et une curiosité sans limite.
Leur crédo, c’est de magnifier le jazz manouche à travers
l’instrumentation stricte du quartette (deux guitares, un violon
et une contrebasse) et de le rendre crédible et vivant à travers
un répertoire jazz très vaste qui va des standards de Broadway,
au jazz moderne de Charles Mingus, John Coltrane, ou Wayne
Shorter, en passant par des compositions de Duke Ellington
ou Thelonious Monk, et même parfois des détours du côté de
Debussy ou Leonard Bernstein !
Rien n’est impossible pour le RP Quartet car tout est dans l’art
et la manière d’interpréter avec un travail impressionnant sur les
arrangements et sur l’originalité du répertoire.
Une musique jouissive, à la fois ludique et exigeante, qui se démarque
complètement de la plupart des formations de jazz manouche.

« Poney Jungle » est le quatrième album du RP Quartet en dix
ans, dont les douze morceaux nous proposent un voyage fascinant
à travers l’histoire du jazz et où l’instrumentation classique d’un
quartette de jazz manouche défie tous les challenges en s’acoquinant
avec les audaces formelles du jazz modal !
L’album s’ouvre sur Raging Piece, une composition de Bastien
Ribot, pleine de rage, de swing, et de difficultés techniques, truffés
d’acrobaties rythmiques. Et pourtant tout semble fluide, facile, et
cohérent dans cette composition majeure qui donne d’emblée le ton
de l’album.
Avec Brilliant Corners, le quartette s’attaque à l’une
des compositions les plus difficiles de Thelonious Monk qui semble
évidente en version manouche tant l’arrangement est pertinent
! Reprendre la célèbre composition Nefertiti, que Wayne Shorter
écrivit pour le quintette de Miles Davis en 1967, relève de la gageure,
mais le pari est largement gagné et nous sommes terriblement
séduits par la singularité de cet arrangement et son introduction
violon-contrebasse avant l’arrivée des guitares à l’unisson.
Attention, la machine à swing tourne à plein régime avec
la relecture du fameux Take The A Train de Duke Ellington. Un TGV
à l’allure implacable qui a le charme et l’élégance des trains à vapeur !
La subtilité et la classe de Duke Ellington sont de nouveau
à l’honneur dans cette composition du grand Charles Mingus
intitulée Duke Ellington Sound’s Of Love où les deux guitares
et la contrebasse tissent de superbes textures sonores
en attendant patiemment l’arrivée du violon.
Le RP Quartet rend hommage au fabuleux John Coltrane qui rendait
hommage à son tour au grand talent de Sonny Rollins dans une
relecture de Like Sonny qui sonne merveilleusement bien en version
manouche !
Après Nefertiti, retour au jazz modal et au talent de compositeur
de Wayne Shorter pour le quintette de Miles Davis avec un E.S.P
beaucoup moins étrange et beaucoup plus swing que l’original !
Avec Light Blue, le RP Quartet revisite la musique de Monk avec
un morceau peu connu, pour une belle et intime introspection.
Retour à l’univers de Mingus avec son hommage à Charlie
Parker : Reincarnation Of A Lovebird, à travers un arrangement
époustouflant du RP Quartet très pertinent et très fidèle à
l’esprit du morceau !
La relecture, toute en finesse et en sensibilité, de A Flower
Is A Lovesome Thing de Billy Strayhorn est une très belle idée
du contrebassiste Damien Varaillon.
Isfahan est aussi une superbe mélodie signée par Billy Strayhorn
peu de temps avant sa mort, pour la fameuse « Far East
suite » de Duke Ellington. Un écrin de velours pour les quatre
comparses du RP Quartet !
L’album se termine en beauté autour d’un swing implacable avec
une formidable relecture du Joshua que Victor Feldman composa
pour Miles Davis dans l’album « Seven Steps To Heaven » en 1963.