THEÂTRE : UN JOUR EN OCTOBRE Oktobertag de Georg KAISER Traduction de l’allemand René RADRIZZANI Mise en scène Agathe ALEXIS Théâtre de L’Atalante Du samedi 6 janvier au mardi 13 février 2018

Un jour en octobre raconte l’étrange destin de Catherine, fille–mère, dans une grande ville de province. À son oncle M. Coste, qui est aussi son tuteur, elle désigne comme père de son enfant un lieutenant, du nom de Jean-Marc Marrien. Cet officier déclare pour sa part n’être jamais venu dans leur ville. Son oncle emmène alors le spectateur au cœur de son enquête, en complicité avec l’abbé Jattefaux, précepteur de sa nièce, afin de démêler les fils de la réalité. Or, cette réalité s’avère intangible. La barrière entre rêve et certitude s’effondre peu à peu, faisant émerger la beauté de l’imagination et le pouvoir de l’auto conviction. À travers l’histoire d’une paternité discutable et discutée, cette pièce, pleine de suspens et de rebondissements, redonne aujourd’hui de la puissance au rêve, dans un monde qui finit par contrôler nos désirs et inhiber nos rêves.

Théâtre de L’Atalante Du samedi 6 janvier au mardi 13 février 2018

10 place Charles Dullin – 75018 Paris réservation : 01 46 06 11 90 -Site : www.theatre-latalante.com

Un très beau drame d’amour et un hommage subtil et passionné à Heinrich von Kleist (La Marquise d’O…, La Petite Catherine de Heilbronn, …). L’héroïne d’Oktobertag s’appelle Catherine et partage avec celle de Kleist la même conviction irrationnelle d’être destinée à un seul homme, qui dans un premier temps ne l’a même pas remarquée et auquel, grâce à sa ferveur, elle fera partager son rêve. Une très belle pièce de Georg Kaiser qui oppose victorieusement la vision intérieure à une réalité banale et hostile. Les dissonances sont introduites par Leguerche, « le garçon boucher », qui est la source de la reprise du thème refondu par Kaiser du conflit entre la chair et l’esprit. La scène du IIIème acte où Catherine réinvente pour Marrien leur première rencontre est un de ces moments de grâce où le temps est suspendu et où tout concourt à la magie de l’ensemble.

Georg KAISER, l’auteur Écrivain allemand, à la fois poète et auteur, est né le 25 novembre 1878 à Magdebourg en Allemagne. Il est le fils d’un banquier, Friedrich Kaiser. Après ses études au lycée, il quitte cet univers, y ayant accumulé un lourd scepticisme envers l’éducation et le savoir. À vingt ans, il entre au service d’une firme allemande à Buenos Aires en tant que comptable. Au bout de quatre ans, il est obligé de rentrer en Allemagne pour raison sanitaire. Après un séjour de plusieurs mois dans un sanatorium, il réside alternativement chez l’un de ses deux frères pasteurs, ou chez ses parents. Enfin à trente ans, Georg se marie avec l’héritière d’une riche famille de marchands de Magdebourg, Margarethe Habenicht. Le couple est alors à l’abri des nécessités. S’ouvre pour lui une importante activité créatrice. Il se fait connaître comme poète et écrivain de dialogues philosophiques, de drames historiques, de tragi-comédies et de romans. C’est l’auteur de plus de 74 pièces, dont la plupart furent parmi les plus jouées en Allemagne entre 1919 et 1933. Il est communément considéré comme un des membres éminents du courant littéraire expressionniste, surtout pour les pièces de théâtre nées de ses écrits dialogués, et jouées de 1917 à 1922. Il poursuit sa carrière au début des années 1920 en s’attachant au retour à la sobriété et à l’objectivité fonctionnelle prônée par les avant-gardes. L’arrivée du régime nazi au pouvoir le voue à la solitude de la création, d’abord par la relégation contrainte hors du monde de la culture officielle, puis par un odieux rejet public de ses œuvres. Il choisit alors l’exil en Suisse, où il continue d’écrire. À 67 ans, Georg Kaiser décède peu de temps après avoir mis le point final à sa trilogie antique versifiée selon la tradition ïambique grecque. Son corps est enterré au cimetière de Morcote près de Lugano. Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer Die Bürger von Calais (Les Bourgeois de Calais), Vom morgens bis mitternachts (De l’aube à minuit), la trilogie Koralle (Corail), Gaz et Gaz II, Die Flucht nach Venedig (La Fuite à Venise), Gilles et Jeanne, Oktobertag (Un jour en octobre), Die Lederköpfe (Les Têtes de cuir), Der Soldat Tanaka (Le Soldat Tanaka), Das Floss der Medusa (Le Radeau de la Méduse) et sa trilogie grecque Zweimal Amphytrion (Deux fois Amphytrion), Pygmalion et Bellérophon.

Agathe ALEXIS, mise en scène Actrice, metteur en scène, directrice de compagnie et pédagogue. Après avoir essentiellement travaillé comme actrice, elle commence à faire également de la mise en scène. Elle fait alors assez vite partie, avec Alain Barsacq et Christian Schiaretti, du collectif de direction artistique de l’Atalante, un théâtre alternatif situé à Montmartre. Six ans après, elle est nommée en co-direction avec A.A.Barsacq, à la tête de la Comédie de Béthune, C.D.N. du Nord – Pas-de-Calais. En quittant ce C.D.N. au bout de douze ans, elle fonde la Compagnie Agathe Alexis. Comme actrice, elle travaille dans différents centres dramatiques et sous la direction de Philippe Adrien, Alain Barsacq, Bruno Bayen, Armand Gatti, Jacques Lassalle, Jean Lacornerie, René Loyon, Michel Rafaelli, Jacques Rosner, Christian Schiaretti, Bernard Sobel, Jean-Pierre Vincent et d’elle-même. Elle met surtout en scène des œuvres d’auteurs contemporains : Avant la retraite de Thomas Bernhard, Le Venin du théâtre de Rodolf Sirera (plus de 400 représentations), Mein Kampf (farce) de George Tabori, Dans l’ombre de Susana Lastreto, Léviathan Coccyx de Jean-Daniel Magnin, La Nuit de l’ours d’Ignacio del Moral, Les Jardins de l’horreur de Daniel Call, Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard… Et aussi des œuvres d’auteurs classiques contemporains : Histoire d’une nuit de Sean O’Casey, Le Belvédère d’Ödon Von Horvath, La Tonnelle d’Hermann Ungar, Le Pain dur de Paul Claudel, Huis clos de Jean-Paul Sartre, Un jour en octobre de Georg Kaiser… Mais également quelques œuvres d’auteurs classiques : Le Prix Martin d’Eugène Labiche, La Révolte de Villiers de l’Isle Adam, Renée d’Émile Zola, Les Sincères et L’Épreuve de Marivaux …