JAZZ : FRED HERSCH Remporte le Prix in Honorem Jazz de l’Académie Charles Cros 2017 et En concert au Sunside à Paris les 21 et 22 novembre 2017 à 21h

FRED HERSCH Remporte le   Prix in Honorem Jazz de l’Académie Charles Cros 2017 pour l’ensemble de sa carrière, à l’occasion de la parution de son disque  «Open Book»  (Palmetto Records/Bertus distribution), et de son autobiographie Good Things Happen Slowly : A Life In and Out of Jazz (Crown Archetype Press, 2017)

FRED HERSCH « {Open Book} »
Fred Hersch (piano solo)
Seoul, Corée du Sud, 1er novembre 2016 & 1-3 avril 2017
Palmetto Records PM 2186 / Bertus distribution
Sortie le 8 septembre 2017

Ce que dit Xavier Prévost : On est frappé, chaque fois que l’on écoute Fred Hersch (et spécialement en solo) par l’espèce de magie qui s’impose, dès les premières mesures : forte présence du contrepoint de la main gauche, tandis que la droite expose, commente, et étend le champ mélodique (le chant). La clarté des lignes qui cheminent en toute indépendance, et pourtant dans une absolue cohérence, me rappelle chaque fois Glenn Gould, coutumier de ce défi qui mêle vertige et lisibilité. Et aussi Lennie Tristano, autre exemple de cette connexion directe entre les doigts et la pensée musicale. Et pourtant rien d’abstrait : sensualité et lyrisme parlent d’une même voix. Ce miracle musical s’accomplit, quel que soit le matériau : une composition personnelle, rêveuse autant que sinueuse ; ou un classique du jazz de la fin des années 50 (Whisper Not) ; une bossa nova si souvent ressassée (Zingaro  alias Retrato Em Branco E Preto  alias Portrait in Black and White), joué comme on jouerait un prélude et une fugue de Bach, mais en oubliant la partition ; voire une longue improvisation totalement ouverte (Through the Forest ), enregistrée en concert, et où le vertige devient abyssal. Et tout est à l’avenant, jusqu’à Eronel de Thelonious Monk (le pianiste adore aller dans cette direction, notamment sur scène en fin de prestation). Pour conclure Fred Hersch nous offre la version pianistique d’une chanson de Billy Joel, And so it goes, comme pour nous rappeler son attachement au chant. Le tout se joue dans une dévotion au jazz, et à la grande liberté d’interprétation et de métamorphose qu’offre cette musique. 

On peut retrouver le parcours de ce musicien rare en lisant (en Anglais pour l’instant) l’autobiographie qu’il vient de publier : Good Things Happen Slowly, A Life in and Out of Jazz (éditions Crown Archetype). On y découvre le parcours singulier d’un artiste qui, sur le plan de sa vie personnelle comme sur celui de la musique, employa toute son énergie à devenir lui-même. La musique en général, et le jazz en particulier, s’y trouvent évoqués avec force et lucidité, notamment au travers de portraits, et de rencontres avec des artistes majeurs : Jaki Byard, le professeur encyclopédique du piano jazz au New England Conservatory de Boston ; McCoy Tyner, rencontré à la faveur d’un concert, et qui se montrera accessible à l’admiration du jeune musicien…. et ainsi de suite, de chapitre en chapitre, lesquels ne dissimulent rien d’une vie qui eut ses moments de souffrance et de maladie gravissime. Et pourtant Fred Hersch est là, et bien là, plus vivant que jamais, dans un Art plus encore accompli !
Ce Prix in Honorem nous permet de célébrer un artiste complet qui a publié sous son nom des dizaines de disques, qui a également abordé la musique de chambre, et aussi donné la réplique pianistique à de grandes voix : du jazz (Norma Winstone, Jeri Brown, Jay Clayton, Janis Siegel) mais aussi du lyrique (Renée Fleming, Dawn Upshaw).
En concert au Sunside à Paris les 21 et 22 novembre 2017 à 21h