« LES PLUMES » Une enquête de Simon » Un polar signé Annabel Editions Ex-Equo

   Annabel  publie son premier roman, un polar vintage en plein cœur des années 20 qui nous entraine sur les pas de Simon, un détective Italo-Stéphanois. Un de ces détectives à la Chandler avec le chapeau vissé sur la tête, la cigarette au coin des lèvres et l’imper de rigueur. Il traine une sorte de flegme ou de flemme désabusée jusqu’au  jour où il reçoit la lettre d’une certaine  Lady Hurbery…

…lui demandant de retrouver un tableau ou elle posait jadis dans une tenue plus que légère, et bien que peu fidèle à son mari, elle n’aimerait pas que ce tableau tombe dans des mains malhonnêtes. L’enquête  amènera Simon outre-manche dans le manoir de la Lady et de son cocu résigné de mari. A peine une première nuit passée dans le manoir par Simon qu’on retrouve Lady Hurbery refroidie dans sa chambre. Ce sera le premier cadavre de la liste. Simon ira ainsi de meurtres en meurtres, accompagné de personnages drôles et inquiétants à la fois avec en plus Scotland Yard dans les pattes. Simon est un personnage attachant et  drôle, au parlé marqué par l’argot parisien agrémenté du « gaga »stéphanois ce qui donne à l’écriture de ce roman une saveur supplémentaire.  L’intrigue dont les rebondissements au fil des pages tient le lecteur en haleine, pensant avoir compris le(s) mobile(s) de l’assassin, un vampire à ce que disent certains, pour se retrouver entrainé sur de nouvelles pistes. Il faudra aller au bout du roman pour enfin comprendre. Avec ce premier roman, Annabel, dont je connaissais déjà le d’écriture à travers les chansons qu’elle avait écrites, mais cela c’était avant, campe un personnage que l’on aimerait revoir dans d’autres enquêtes. Fan de Frédéric Dard, auteur entre autre du célèbre commissaire San Antonio, Annabel a distillé dans son écriture et dans ses personnages quelque chose de plus, dans l’approche linguistique et dans l’atmosphère de ces années folles où l’on savait s’amuser, s’encanailler à  Montparnasse ou à Montmartre  pour  tout simplement vivre le « Plus jamais ça » : le traumatisme de la première guerre mondiale. Autour de Simon, Violette, son amoureuse qui n’hésitera pas à rejoindre son homme pour l’aider à résoudre ces crimes et Bébert, un aristocrate repenti  qui saura inculquer les bonnes manières de « la haute »   à un Simon un  peu rustique. Et là il y a un peu de boulot !
Personnellement, j’ai aimé ce roman jusqu’au bout même si l’écriture y est dense. J’ai apprécié la documentation solide de l’auteur sur cette époque qu’elle a su mettre en valeur, même avec quelques anachronismes assumés qui ont réveillé en moi quelques souvenirs d’enfance. Et aussi parce qu’il est comme ça Simon.Tourmenté.

INTERVIEW D’ANNABEL