« REINE DES LUMIERES » PAR KARIN HANN (le destin fabuleux de la Marquise de Pompadour) Editions du Rocher (Interview de Karin Hann)

Reine des Lumières

1745 – Jeanne-Antoinette Le Normant d’Étiolles, née Poisson, accède officiellement au statut de favorite. Véritable révolution de palais, qui voit s’établir une femme de petite noblesse aux côtés de Louis XV. Les mauvaises langues parient d’ailleurs sur la brièveté de sa faveur. Or, grâce à son charme, à son intelligence, à sa jovialité et à sa bienveillance, celle qui est bientôt titrée marquise de Pompadour conquiert au contraire durablement le cœur du roi et devient, au-delà de l’alcôve, une éminence grise dont l’influence politique et artistique s’accroît inexorablement. Bâtisseuse infatigable, esprit éclairé, esthète cultivée et raffinée, elle est l’amie des philosophes, des hommes de lettres, des scientifiques, des peintres et des musiciens, qu’elle protège, pensionne et encourage.

Femme d’influences, la marquise de Pompadour usera de tout son  poids en faveur du ministère Choiseul et on lui attribuera le «renversement des alliances» au cours de la  Guerre de Sept ans qui conduira au désastreux traité de Paris. Ses origines roturières lui vaudront la haine des courtisans  par des  chansons satiriques, les «poissonnades».Elle se montrera aussi mécène, et fera  attribuer à son frère Abel Poisson la Direction des Bâtiments. Il fera aménager à Paris la place Louis XV (la Concorde) en style néo-antique.

Elle sera très proche et protègera les Encyclopédistes et les «philosophes» qui contestent l’absolutisme royal, y compris Voltaire  qui lui doit son fauteuil d’académicien.

Ce dernier écrira à propos de la Marquise : «Dans le fond de son cœur, elle était des nôtres ; elle protégeait les lettres autant qu’elle pouvait».

A la fin de sa vie, usée et fatiguée, d’une santé fragile, elle restera cependant proche du Roi en lui aménageant à l’hôtel du Parc-aux-Cerfs, à Versailles des rencontres clandestines de Louis XV avec de très jeunes filles.

Elle meurt d’une fluxion de poitrine à 42 ans.

Lors de ses funérailles solennelles, le 17 avril 1764, Le Roi aurait murmuré «La marquise aura mauvais temps pour son voyage !»
Editions du Rocher

INTERVIEW DE KARIN HANN

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